Qu'est-ce que la délivrabilité e-mail ?
Deux notions se cachent derrière le mot. La délivrance (delivery) indique que le serveur du destinataire a accepté le message au lieu de le rejeter : c'est ce que mesure le « taux de délivrabilité » de la plupart des outils d'emailing, calculé ainsi : taux de délivrance = e-mails acceptés ÷ e-mails envoyés. L'arrivée en boîte de réception (inbox placement) indique où le message a été classé une fois accepté : boîte de réception, onglet Promotions, ou spam. Un taux de délivrance de 99 % peut donc cacher une campagne lue par personne, parce que classée en spam. Aucun outil d'emailing ne voit directement ce classement : on l'estime par des tests sur des boîtes témoins et par les données que publient les messageries, comme Google Postmaster Tools.
Ce que vérifie une messagerie quand votre e-mail arrive
- L'identité technique : le message est-il authentifié par SPF et DKIM, et la politique DMARC du domaine affiché dans le champ « De » est-elle respectée ?
- L'infrastructure : l'adresse IP d'envoi a-t-elle un enregistrement DNS inverse (PTR) cohérent, la connexion est-elle chiffrée (TLS), l'IP figure-t-elle sur une liste de blocage publique ?
- La réputation : l'historique du domaine et de l'IP d'envoi, construit à partir des plaintes, des rebonds et des adresses pièges déjà touchées.
- Le comportement des destinataires : ouvertures, réponses, suppressions sans lecture, signalements comme spam, déplacements hors du dossier spam.
- Le message lui-même : format conforme, liens, domaines cités dans les liens, proportion texte et images, présence d'un lien de désinscription.
L'authentification : SPF, DKIM et DMARC
SPF déclare dans le DNS les serveurs autorisés à envoyer pour votre domaine ; il porte sur l'adresse d'enveloppe (Return-Path), pas sur l'adresse visible. DKIM ajoute une signature cryptographique au message, vérifiée grâce à une clé publique publiée dans votre DNS. DMARC relie les deux au domaine visible par le destinataire : il exige qu'au moins l'un des deux réussisse avec un domaine aligné sur celui du champ « De », et indique à la messagerie quoi faire en cas d'échec (ne rien faire, mettre en spam, rejeter). Les trois se configurent chez l'hébergeur DNS de votre domaine, avec les valeurs fournies par chacun de vos outils d'envoi. Le détail de la configuration est dans nos guides SPF et DKIM et DMARC.
Les exigences de Gmail et Yahoo depuis février 2024
Google et Yahoo appliquent depuis février 2024 des règles communes. Tout expéditeur vers Gmail doit authentifier ses messages par SPF ou DKIM, disposer d'un DNS inverse valide pour ses IP d'envoi, utiliser une connexion TLS et maintenir un taux de spam signalé inférieur à 0,3 %. Google définit l'expéditeur de gros volume comme celui qui envoie environ 5 000 messages ou plus en 24 heures vers des comptes Gmail personnels ; ce statut reste acquis ensuite. Pour lui s'ajoutent : SPF et DKIM tous les deux, un enregistrement DMARC (p=none suffit), un domaine du champ « De » aligné avec le domaine SPF ou DKIM, et, pour les messages marketing et d'abonnement, une désinscription en un clic conforme à la RFC 8058 (en-têtes List-Unsubscribe et List-Unsubscribe-Post), traitée sous deux jours. Yahoo impose des règles équivalentes sans publier de seuil chiffré. Microsoft a suivi en 2025 pour Outlook.com, avec SPF, DKIM et DMARC exigés au-delà de 5 000 messages par jour. Les messages non conformes peuvent être retardés, classés en spam ou rejetés.
La réputation d'expéditeur (domaine, IP) et la montée en charge
Les messageries notent séparément l'adresse IP qui envoie et le domaine qui signe. Sur une IP partagée, celle de votre outil d'emailing, la réputation IP est mutualisée avec les autres clients de l'outil : elle est gérée par l'outil, et c'est surtout la réputation de votre domaine qui vous suit. Une IP dédiée n'a d'intérêt qu'à partir de volumes réguliers et importants, car une IP qui envoie peu ne construit pas d'historique. La réputation du domaine se construit sur la durée et se dégrade vite : un envoi à une vieille liste achetée ou non nettoyée suffit à faire monter les plaintes et les rebonds, et à déclasser les envois suivants, y compris les e-mails transactionnels s'ils partagent le même domaine. Un domaine ou une IP sans historique est traité avec méfiance : la montée en charge (warm-up) consiste à augmenter les volumes progressivement, sur plusieurs semaines, en commençant par les contacts les plus engagés. Il n'existe pas de barème officiel publié par les messageries ; votre outil d'emailing fournit souvent un calendrier indicatif. Le principe : ne passer au palier suivant que si les plaintes, les rebonds et les rejets restent bas.
Google Postmaster Tools : la seule fenêtre sur Gmail
Google Postmaster Tools est l'outil gratuit de Google qui affiche, pour un domaine que vous avez vérifié dans le DNS, des données sur le courrier envoyé vers Gmail : taux de spam signalé par les utilisateurs, résultats d'authentification SPF, DKIM et DMARC, chiffrement TLS, et l'état de conformité aux exigences d'expéditeur. Le taux de spam y est calculé sur les messages arrivés en boîte de réception, ce qui le rend plus sévère que le taux de plainte de votre outil d'emailing. Les données n'apparaissent qu'au-delà d'un volume quotidien suffisant vers Gmail : un petit expéditeur verra souvent un tableau vide. Microsoft propose un équivalent pour ses propres messageries, le programme SNDS, qui porte sur les adresses IP.
L'hygiène de liste
- N'écrire qu'à des contacts qui ont demandé à recevoir vos e-mails ; une liste achetée contient des adresses mortes et des pièges à spam.
- Confirmer l'inscription (double opt-in) quand le formulaire est public : on écarte les fautes de frappe et les inscriptions robotisées.
- Retirer immédiatement les adresses en rebond définitif (adresse inexistante) ; la plupart des outils le font, vérifiez que c'est activé.
- Retirer les adresses qui se plaignent : elles ne doivent plus jamais recevoir de message marketing.
- Écarter ou relancer à part les contacts inactifs depuis longtemps, avec une campagne de réengagement suivie d'un retrait.
- Rendre la désinscription visible et immédiate : un destinataire qui ne trouve pas le lien clique sur « Signaler comme spam ».
Le contenu : ce qui compte vraiment
Les filtres actuels jugent davantage l'expéditeur et la réaction des lecteurs que la présence de mots comme « gratuit ». Le contenu reste un facteur, surtout pour un expéditeur sans historique. Les points qui comptent : un nom d'expéditeur et une adresse constants, un objet qui correspond au message, une version texte en plus du HTML, une proportion raisonnable de texte face aux images, des liens vers des domaines propres (les raccourcisseurs d'URL publics sont souvent associés au spam), et une adresse de réponse qui reçoit réellement les réponses. Un message attendu par son destinataire est le meilleur signal possible.
Diagnostiquer un problème de délivrabilité
- 1. Isoler le symptôme : rejets (rebonds en hausse), ou messages acceptés mais classés en spam (clics en chute sans hausse des rebonds) ? Chez une seule messagerie ou toutes ?
- 2. Lire les messages de rebond : le code et le texte renvoyés par le serveur indiquent souvent la cause (authentification, réputation, liste de blocage).
- 3. Vérifier l'authentification sur un message réel : en-tête Authentication-Results, avec SPF, DKIM et DMARC à « pass ».
- 4. Consulter Google Postmaster Tools pour Gmail, et vérifier la présence de vos IP et domaines sur les listes de blocage publiques (Spamhaus et équivalents).
- 5. Remonter à l'envoi déclencheur : nouvelle liste importée, changement d'outil, de domaine ou de volume, nouveau prestataire qui envoie en votre nom.
- 6. Corriger la cause, puis reprendre progressivement les envois en commençant par les contacts les plus engagés.
Ce que fait Vandolo
Vandolo ne configure pas votre DNS et ne mesure pas l'authentification de vos envois : SPF, DKIM et DMARC se règlent chez votre hébergeur de domaine, et se contrôlent dans vos en-têtes et dans Google Postmaster Tools. Le volet newsletter du module Croissance & acquisition (95 € HT par mois) lit les résultats de vos envois depuis votre outil connecté — Brevo, Mailchimp, Mailjet, Klaviyo, HubSpot, MailerLite, ActiveCampaign, Constant Contact, Campaign Monitor, Kit ou beehiiv : e-mails délivrés, clics, désinscriptions et rebonds quand l'outil les fournit. Une hausse des rebonds ou une chute des clics d'une campagne à l'autre y devient visible, ce qui donne le signal pour lancer le diagnostic ci-dessus.