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SPF et DKIM : configurer, vérifier et corriger l'authentification de vos e-mails

10 min · 13 octobre 2026

SPF et DKIM sont les deux mécanismes qui authentifient un e-mail : SPF déclare dans le DNS les serveurs autorisés à envoyer pour un domaine, DKIM signe chaque message avec une clé dont la partie publique est publiée dans le DNS. Les deux sont exigés par Gmail et Yahoo pour les expéditeurs de gros volume, et servent de base à DMARC. Voici la syntaxe de chacun, les limites techniques à connaître, la façon de vérifier qu'ils fonctionnent sur un vrai message et les erreurs qui reviennent le plus souvent.

SPF et DKIM : quelle différence ?

SPF (Sender Policy Framework, RFC 7208) répond à la question « ce serveur a-t-il le droit d'envoyer pour ce domaine ? ». Il porte sur le domaine de l'adresse d'enveloppe, le Return-Path, que le destinataire ne voit pas. DKIM (DomainKeys Identified Mail, RFC 6376) répond à la question « ce message a-t-il été signé par ce domaine et est-il resté intact ? ». La signature survit au transfert d'un message, là où SPF échoue souvent quand un e-mail est redirigé, puisque le serveur qui relaie n'est pas autorisé. Les deux sont complémentaires, et DMARC exige qu'au moins l'un des deux réussisse avec un domaine aligné sur le champ « De ».

L'enregistrement SPF : syntaxe et exemple

SPF se publie en enregistrement TXT à la racine du domaine (ou du sous-domaine qui sert d'adresse d'enveloppe). Il commence par v=spf1, liste les sources autorisées et se termine par une règle pour tout le reste. Exemple : v=spf1 include:_spf.google.com include:spf.prestataire-emailing.com ip4:203.0.113.10 ~all. Ici, include: autorise les serveurs déclarés par un autre domaine (votre messagerie, votre outil d'emailing), ip4: autorise une adresse IP précise, et ~all qualifie tout autre serveur. Chaque prestataire fournit sa propre valeur include: dans sa documentation.

La limite de 10 recherches DNS

La norme SPF limite à 10 le nombre de mécanismes qui déclenchent une recherche DNS lors de l'évaluation : include, a, mx, ptr, exists et le modificateur redirect. Les include imbriqués comptent aussi : un seul include de prestataire peut en consommer plusieurs. Au-delà de 10, le résultat est une erreur permanente (permerror), que la plupart des messageries traitent comme un échec. Les mécanismes ip4, ip6 et all ne comptent pas. Pour rester sous la limite : retirer les prestataires que vous n'utilisez plus, faire envoyer certains outils depuis un sous-domaine qui a son propre SPF, ou remplacer des include par des plages IP quand le prestataire les publie et s'engage à les maintenir.

~all ou -all : que choisir ?

  • -all (fail) : tout serveur non listé échoue. Le plus strict.
  • ~all (softfail) : tout serveur non listé est suspect, sans échec franc. Le plus répandu.
  • ?all (neutral) : aucune indication, sans intérêt pour un domaine qui envoie.
  • +all : autorise n'importe quel serveur du monde. À ne jamais utiliser.
  • En pratique, avec DMARC en place, ~all suffit généralement : c'est DMARC qui porte la consigne de rejet. -all peut faire rejeter un message transféré avant même que sa signature DKIM soit prise en compte par certains serveurs.
  • Pour un domaine qui n'envoie aucun e-mail, publiez v=spf1 -all.

DKIM : sélecteur, clé et signature

Le serveur d'envoi signe chaque message avec une clé privée et ajoute un en-tête DKIM-Signature. Celui-ci contient notamment le domaine signataire (d=) et un sélecteur (s=), qui indique où trouver la clé publique : à l'adresse selecteur._domainkey.exemple.fr, en enregistrement TXT ou, chez beaucoup de prestataires, en CNAME qui pointe vers une clé qu'ils gèrent. Le sélecteur permet d'avoir plusieurs clés actives à la fois, une par outil d'envoi. Google recommande une clé RSA de 2 048 bits ; 1 024 bits reste accepté mais n'est plus recommandé. Point clé pour DMARC : le domaine d= doit être le vôtre, pas celui de l'outil d'emailing, sinon la signature réussit mais ne s'aligne pas.

La rotation des clés DKIM

Une clé DKIM utilisée pendant des années finit par représenter un risque : fuite, longueur devenue insuffisante. La rotation se fait sans coupure grâce aux sélecteurs : publier une nouvelle clé sous un nouveau sélecteur, basculer la signature sur celle-ci, conserver l'ancienne clé publiée quelques jours le temps que les messages en transit soient vérifiés, puis la retirer. Les prestataires qui publient leur clé derrière un CNAME font souvent cette rotation eux-mêmes. Le groupe professionnel M3AAWG recommande une rotation régulière dans ses bonnes pratiques.

Comment vérifier SPF et DKIM sur un vrai message

Envoyez un e-mail depuis l'outil à tester vers une boîte Gmail, ouvrez-le, puis menu « ⋮ » et « Afficher l'original ». Gmail affiche en tête le résultat de SPF, DKIM et DMARC (PASS ou FAIL) et le domaine concerné. Dans l'en-tête complet, la ligne Authentication-Results donne le détail, par exemple : spf=pass smtp.mailfrom=news.exemple.fr ; dkim=pass header.i=@exemple.fr ; dmarc=pass header.from=exemple.fr. Vérifiez trois choses : SPF à pass, DKIM à pass, et des domaines qui appartiennent bien à votre domaine du champ « De ». Faites le test pour chaque outil qui envoie en votre nom, pas seulement pour la messagerie.

Les erreurs SPF et DKIM fréquentes

  • Deux enregistrements SPF sur le même domaine : la norme impose un seul enregistrement v=spf1, sinon SPF renvoie une erreur. Fusionnez-les en un seul.
  • Un prestataire oublié : l'outil de facturation, le CRM ou le site e-commerce envoie avec votre domaine sans être autorisé ni signer.
  • Plus de 10 recherches DNS après l'ajout d'un nouvel outil.
  • DKIM activé avec le domaine du prestataire au lieu du vôtre : signature valide, mais pas d'alignement DMARC.
  • Enregistrement DKIM mal collé : clé tronquée, guillemets ou espaces en trop, chaîne de plus de 255 caractères non découpée.
  • Ancien prestataire laissé dans le SPF après son départ : il peut toujours envoyer en votre nom.

Ce que fait Vandolo

Vandolo ne configure ni SPF ni DKIM et ne vérifie pas leurs résultats : ces réglages se font chez votre hébergeur DNS et dans chacun de vos outils d'envoi. Le volet newsletter du module Croissance & acquisition (95 € HT par mois) lit les résultats de vos campagnes depuis votre outil d'emailing connecté — délivrés, clics, désinscriptions, rebonds si l'outil les fournit.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre SPF et DKIM ?

SPF liste dans le DNS les serveurs autorisés à envoyer pour un domaine et porte sur l'adresse d'enveloppe du message. DKIM signe chaque message avec une clé dont la partie publique est dans le DNS, ce qui prouve le domaine signataire et l'intégrité du contenu. Les deux sont complémentaires et servent de base à DMARC.

Comment vérifier son enregistrement SPF ?

Consultez l'enregistrement TXT de votre domaine qui commence par v=spf1, vérifiez qu'il n'y en a qu'un et qu'il reste sous 10 recherches DNS. Puis envoyez un e-mail vers Gmail et ouvrez « Afficher l'original » : la ligne SPF doit indiquer PASS.

Peut-on avoir deux enregistrements SPF ?

Non. Un domaine ne doit publier qu'un seul enregistrement SPF ; s'il en a deux, l'évaluation renvoie une erreur et SPF échoue. Il faut fusionner les sources dans un seul enregistrement, avec plusieurs include si nécessaire.

Comment trouver le sélecteur DKIM ?

Ouvrez l'en-tête complet d'un e-mail envoyé par l'outil concerné et cherchez l'en-tête DKIM-Signature : la valeur s= est le sélecteur et d= le domaine. La clé publique se trouve alors à l'adresse selecteur._domainkey.domaine. Le prestataire indique aussi le sélecteur dans sa page de configuration.

SPF ~all ou -all ?

Avec une politique DMARC en place, ~all suffit généralement, car c'est DMARC qui porte la consigne de mise en spam ou de rejet. -all est plus strict mais peut faire rejeter des messages transférés. Pour un domaine qui n'envoie jamais d'e-mails, utilisez v=spf1 -all.

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